Une vipère à Paris

Blog pipolo-culturo-rigolo d'une vipère sensible et insaisissable qui pique et critique (un peu), s'étonne et s'émeut (souvent).

10 avril 2008

Deux soeurs pour un roi, de Justin Chadwik

18907683_1_En prenant ses quartiers d'été dans la capitale, le printemps a installé dans les salles de cinéma une ribambelle de comédies légères. Des Ch'tis à Disco, en passant par les Randonneurs à Saint-Tropez, les films comiques monopolisent les grands écrans. Et si vous sortiez du lot en allant voir un drame historique sans boule à facettes ni beffroi? 3 bonnes raisons de rendre visite aux soeurs Boleyn.

1/ Le scénario
Henri VIII attend désespérément un héritier mâle que sa femme ne parvient pas à lui donner. Entre fausses couches et petites filles, le compte n'y est malheureusement pas. Sir Thomas Boleyn comprend rapidement que cette frustration royale pourrait lui permettre de gagner les faveurs de son souverain. Ses deux ravissantes filles possèdent en effet tous les atours nécessaires pour charmer le roi et, pourquoi pas, lui offrir ce garçon tant désiré...
Leur arrivée à à Londres ne passera pas inaperçue. Passion, jalousie, rancoeur: les soeurs Boleyn sèmeront le désordre aussi bien à la cour que dans leur propre famille où l'ambition et les rivalités auront raison des liens du sang.

2/ Les comédiennes
Plongées dans un XVIe siècle sans pitié pour la condition féminine, Scarlett Johansson et Natalie Portman portent avec conviction le film sur leurs douces épaules. Mary, la soeur cadette, est aussi blonde, sensible, et discrète qu'Anne est brune, piquante et calculatrice. Les deux jeunes femmes proposent une interprétation impeccable: l'émouvante douceur de l'une tranche avec l'effrayante hystérie de l'autre.
Kristin Scott Thomas, dans le rôle de la mère, complète ce casting de luxe.

3/La reconstitution historique
Costumes, bijoux, décors: le spectateur arpente avec les personnages la campagne et les chateaux anglais pendant presque 2 heures. Un impressionnant voyage dans le temps rythmé par une BO sobre qui souligne avec efficacité l'instabilité sentimentale et politique caractérisant le règne de Henry VIII.

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28 février 2008

Films Français : Cortex VS Notre Univers impitoyable

cortexA ma gauche Cortex, un film de Nicolas Boukhrief qui envoie André Dussolier, ancien inspecteur de police rongé par la maladie d'alzheimer, dans une maison médicalisée où la Grande Faucheuse passe chaque nuit de façon trop appliquée pour être honnête. A ma droite Notre Univers impitoyable, un film de Léa Fazer qui plonge à Alice Taglioni et Jocelyn Quivrin dans un cabinet d'avocats où une place très convoitée d'associé se libère.

Le casting féminin. Il n' y a pas à tergiverser: Alice Taglioni est très, très jolie. On assiste pendant tout le film a un véritable défilé de mode (robes de soirée, tailleurs, pantalon sur escarpins: tout y passe... curieusement, seule la robe d'avocat nous est épargnée!). Ce catalogue animé Max Mara se double d'un défilé de coiffures: cheveux longs, volumineux, courts, ondulés... On s'attend à tout moment à une réplique "parce que je le vaux bien". Face à la grande blonde, Marthe Keller et Claire Nebout, les infirmières s'occupant du héros de Cortex, peinent à rivaliser. Rien que leurs noms et prénoms sonnent de façon beaucoup moins sexy... On imagine difficilement Jocelyn Quivrin sussurant des mots doux sur l'oreiller à une dénommée Marthe... Et on le regrette!

18885325_1_Le casting masculin. Avantage net à André Dussolier! Dans la peau de cet homme âgé d'à peine 60 ans et déjà gravement malade, il est tout simplement épatant. Le regard qui se trouble puis se perd, les gestes qui hésitent et la voix qui s'énerve : tout y est. La Vipère met sa queue à couper qu'une sélection pour le César du meilleur acteur se profile... De l'autre côté, Jocelyn Quivrin campe sans grand entrain un personnage caricatural, prisonnier d'un scénario truffé de répétitions et de clichés sur les rapports homme/femme. Sans compter que le beau Jocelyn des années 1990 semble ne pas avoir bien vécu le passage à l'an 2000: c'est quoi ce double menton naissant à moins de 30 ans?

Bilan. Cortex vous immerge dans une ambiance pesante. Un thriller singulier au rythme lent mais néanmoins prenant, porté par d'excellents comédiens. Ne pas non plus s'enthousiasmer : une séance en dvd fera l'affaire. Pour Notre Univers impitoyable, une simple session un dimanche soir sur TF1 suffit. Ne pas rater pour autant le second rôle irrésistible de Julie Ferrier.

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28 janvier 2008

Gone baby gone, de Ben Affleck

gone_baby_gone_2Le premier film du comédien Ben Affleck a plutôt séduit les critiques qui lui ont génereusement accordé des ribambelles d’étoiles à sa sortie, un peu plus et c’était carrément la voie lactée! Seuls Studio et Le Figaro mettaient l’accent sur les faiblesses de ce coup d’essai. La Vipère rejoint bien volontiers ce club minoritaire.

Amanda, une fillette de 4 ans, disparaît dans la banlieue ouvrière de Boston. La police mène l’enquête, sans grand succès. À la demande de la tante d’Amanda, le détective privé Patrick Kenzie (Casey Affleck) et sa compagne prennent le relais. Au fur et à mesure de leurs investigations, ils cotoient des officiers de police peu fréquentables, de dangereux dealers sanguinaires ou bien encore un pédophile en cavale. L’histoire comprend son lot de coups de feu, de sachets de coke, de morts et de rançon.

1/ Le scénario est très compliqué, en tout cas pour des neurones reptiliens. Il y a de braves parents aux comportements inconscients, des oncles gentils mais finalement pas tant que ça, des flics ripoux aux profils exemplaires… C’est le grand bal masqué! Il ne manque plus qu’un caniche à la machoire de pittbull pour que le casting soit parfait!
N’oublions pas de mentionner des brigands à foison… Parmi eux, deux leaders répondant aux noms de Chris et Cheese. N’était-il pas possible de les baptiser Dylan et Mick? Cela nous aurait permis de mieux les distinguer et d’alléger l’impression tenace de confusion qui couvre les engrenages de ce drame abracadabrant…

2/ Ben Affleck ne lésine pas sur les effets
pour accentuer les moments critiques de son long-métrage. Un peu de musique par-ci, des écrans noirs par-là, sans oublier deux-trois scènes au ralenti… Bref, vous l’aurez compris, la réalisation manque d’un soupçon de légereté. Pour son prochain film, Ben devrait laisser tomber les stabilos fluos pour un simple Bic rouge ou vert: ça souligne aussi bien !

3/Dans ce genre d’intrigue policière, entièrement basée sur un fait divers,
il est de bon ton que le public puisse juger «vrai» ce qu’il voit, que la crédibilité des scènes et des personnages soit totale. Ben Affleck, lui, préfère surprendre le spectateur par des rebondissements aussi incessants qu’improbables. On ne s’étonnera donc pas de voir un homme au thorax perforé par deux balles courir dans la rue puis grimper quatre à quatre des escaliers pour se cacher sur le toit d’un immeuble. Cette fuite mythique permet au réalisateur de prolonger la tension et l’angoisse, et tant pis pour la vraisemblance! Les sentiments des personnages manquent aussi cruellement de profondeur, au point de rendre parfois leurs comportements incohérents (cf: la réaction de la compagne de Patrick Kenzie à la fin...).

4/Finissons par une note positive:
il serait excessif de dire qu’on s’ennuie ferme pendant les deux heures de projection. Malgré leur côté artificiel, les ressorts dramatiques réussissent à nous tenir en éveil, à défaut de nous faire sursauter. La prestation de Casey Affleck, tout en retenue et en justesse, mérite aussi le coup d’œil. Décidément, depuis L’Assassinat de Jesse James, qui lui vaut d’être nommé aux Oscars, le frère de Ben est le jeune acteur qui monte à Hollywood. À l’inverse, Morgam Freeman a pris et du ventre, et un sacré coup de vieux! Les deux sont sans doute liés, me direz-vous…

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17 janvier 2008

Cinéma : « Elle s’appelle Sabine », de Sandrine Bonnaire

sabineSandrine Bonnaire a réalisé un documentaire très émouvant sur sa sœur Sabine, née un an après elle. Sabine a été diagnostiquée autiste il y a quelques années. Mais durant toute son enfance et son adolescence, aucun médecin n’a pu donné de nom à son comportement énigmatique, pour ne pas dire anormal. Ses camarades la surnommaient «la folle» dans la cour de récréation, c’est tout…
Folle, Sabine ne l’était pas. C’était une adolescente intelligente, joyeuse, très proche de sa famille, qui pouvait jouer au piano des heures entières. Une adolescente instable et repliée sur elle-même certes, dont le regard dérivait parfois vers un «ailleurs» obscur, mais qui était capable malgré tout de faire de la mobylette ou de se promener seule dans les rues de Paris comme toutes les jeunes filles de son âge.
Le départ successif de chacune de ses sœurs et la mort accidentelle de l’un de ses frères vont submerger Sabine d’une émotion aussi violente qu’incontrôlable. Sabine ne réussit à exprimer sa souffrance qu’en se mutilant et en frappant sa mère.
Comme aucune structure n’accepte de prendre en charge cette jeune adulte dont on ignore précisément la maladie, Sandrine Bonnaire et ses sœurs décident de la recueillir chez elles, à tour de rôle. Mais les cohabitations tournent court: le comportement imprévisible de Sabine rend toute vie de famille impossible. L’actrice loue alors pour sa sœur un appartement juste en face de chez elle. Malheureusement, au bout de quelques mois, le personne médical encadrant Sabine à domicile renonce à s’occuper d’elle. La jeune femme finit par échouer dans un hôpital psychiatrique. Elle y restera 5 ans.

Le film de Sandrine Bonnaire présente sa sœur après ces 5 années
vécues comme un cauchemar par toute sa famille. À présent, Sabine vit dans une petite structure créée par un médecin et soutenue par Sandrine Bonnaire. Mais Sabine n’est plus la même. Ses traits fins se sont irréversiblement défaits, son regard a perdu toute vivacité. Elle s’exprime difficilement, elle bave, et ses talents de pianiste ne sont plus qu’un lointain souvenir. Cette terrible réalité est d’autant plus dure à supporter que Sandrine Bonnaire nourrit son reportage d’images d’archives où Sabine sourit, rit, séduit, court sur la plage ou danse sur le gazon familial. Mais que s’est-il donc passé pour que l’on ne parvienne plus à reconnaître derrière la grosse femme hébétée et éteinte d’aujourd’hui la jeune fille vive aux longs cheveux bruns d’hier? Cette transformation radicale et insupportable est-elle liée aux 5 années d’internement, aux multiples médicament prescrits ou tout simplement à l’évolution de la maladie?
Le film de Sandrine Bonnaire pose toutes ces questions, avec une infinie délicatesse mais aussi un lancinant sentiment de colère. Pourquoi existe-t-il si peu de structures accueillant les autistes comme Sabine? Comment prendre en charge ces personnes pour leur assurer une vie «normale» et soulager leur famille, impuissante face à leur maladie?
À partir d’un sujet difficile voire larmoyant, Sandrine Bonnaire a réalisé un film sobre et bouleversant. Le témoignage tout en pudeur d’une grande sœur aux gestes et aux paroles chargés d’amour, à défaut d’espoir.

En salles le 30 janvier 2008.

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11 décembre 2007

« De l’autre côté », de Fatih Akin

autrecoteC’est étrange comme ce film se fait discret, comme peu de personnes connaissent son titre alors qu’il fut primé à Cannes en mai dernier et qu’il collectionne les étoiles des critiques dans le Pariscope et celles des spectateurs sur «Allociné». Ne passez pas à côté de ce long-métrage envoutant.

Allemagne. Yeter, une prostituée d’origine turque, tombe raide morte sous les coups d’Ali, un de ses anciens clients occasionnels devenu, moyennant finance, son compagnon. Une fois Ali sous les verrous, son fils unique Néjat décide de partir en Turquie: un voyage pour renouer avec ses origines tout en prenant de la distance avec son père. Lors de son périple, il compte surtout retrouver la fille de Yeter et lui donner l’argent nécessaire pour assurer ses études.
De son côté Ayten, la fille de Yeter, doit quitter la Turquie pour échapper à la prison: son activisme politique ne lui laisse plus le choix. Elle se rend tout logiquement en Allemagne et essaie de retrouver cette mère dont elle ne connaît rien, si ce n’est les virements bancaires réguliers. Cette mère qui lui a simplement dit qu’elle travaillait chez «un marchand de chaussures»… Lors de sa quête maternel, Ayten rencontre une une jeune étudiante, Charlotte, dont elle tombe amoureuse avant d’être expulsée vers son pays d’origine. Retour à la case départ en passant par la case prison.
Fatih Akin a construit tout son film sur cette idée de balancement. On passe sans cesse de Hambourg à Istanbul, d’une culture à une autre. Un pas de deux tourbillonnant qui marque la confusion des sentiments agitant Nijat, Ayten, ou Charlotte : chaque personnage court après un autre personnage et compte sur lui pour trouver un nouvel équilibre. Les familles aussi fonctionnent par binôme, tout n’est que symétrie : pendant qu’un fils tente d’oublier le crime de son père, une fille recherche la protection de sa mère.
La mort frappe deux fois dans cette histoire où prisonniers et cercueils se croisent dans les aéroports : un ballet d’avions funeste que la douce lumière d’Istanbul ne parvient pas à réchauffer.
Au final, va-et-vient et télescopages tissent une toile à la fois lugubre et ensoleillée, riche en coups du sort et en rendez-vous manqués. Difficile de ne pas se laisser emporté par ce chassé-croisé géographico-sentimental orchestré d'une main de maître et interpreté par des comédiens aux visages saisissants. Pour l’anecdote, l’acteur jouant le rôle Nijat ressemble étrangement à Laurent Lucas, le soupçon de psychopathie en moins.




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12 novembre 2007

Le cœur des hommes 2, de Marc Esposito

18835892On gardait un souvenir vaguement gentillet du premier volet de cette belle amitié entre quatre personnages masculins stéréotypés mais attachants. Hélas, nos pauvres héros ont mal vieillis, avec une mention spéciale à Marc Lavoine qui, en plus d'avoir égaré avec l'âge ses talents d'acteur, a aussi perdu dans la bagarre son élégance vestimentaire. Le personnage qu'il interprète traverse le film dans des costumes à la coupe improbable qui ne sont pas sans rappeler le look difforme du chanteur dans les années 1980.
Outre ce souci esthétique finalement mineur, il faut souligner la réalisation faiblarde de ce long-métrage : le film de vacances de votre oncle René supporterait largement la comparaison ! Esposito se contente de juxtaposer de courtes scènes comme on enfile des nouilles rouges, vertes et jaunes pour un collier de fête des mères. Campan avec sa maitresse, puis Campan avec sa femme, enfin Campan avec ses 3 potes. Ensuite, variante avec Daroussin : Daroussin et sa maîtresse, Daroussin avec sa femme, etc. On applaudit la richesse et la diversité de la mise en scène... Cette consctruction simpliste, en plus de ne donner aucun rythme à la narration, ôte toute profondeur psychologique aux héros qui s'enlisent dans des comportements peu crédibles.
Ce qu'il y a de formidable aussi, c'est que tous les personnages ne conversent que par des répliques bien senties, des jeux de mots recherchés... Les dialogues respirent "l'écriture".  Ils manquent d'authenticité et sonnent faux en dépit des trois ou quatre jurons – vulgaires à souhait – lâchés systématiquement dans chaque conversation. Même la femme trompée sous calmants, avec son air hagard et sa mine dépressive, garde un sens de la répartie à rendre jaloux un homme politique sur un plateau télé! On n'y croit pas une seule seconde.
On passera donc sur les performances d'acteurs peu probantes (seul Darmon réussit à tirer son épingle du jeu), sur les seconds rôles mal castés (à l'exception de Valérie Kaprisky), pour s'attarder sur l'unique point positif du film : la bande son !!! Mika, Scissors Sisters, Katie Melua... Bref, pendant 1h55 on bat du pied à défaut de battre des mains.

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15 octobre 2007

l'assassinat de Jesse James..., avec Brad Pitt

assassinatjpgIl faut prendre son courage à deux mains : un western de plus de 2h30, ça peut faire peur. Mais souvenez-vous de Open Range : l'excellent film de cow boys réalisé par Kevin Costner nous avait tenus en haleine 2h20 précisément ! Reconnaissons-le tout de suite : L'Assassinat de Jesse James... n'en a ni le souffle, ni le rythme.
L'histoire est (trop?) simple : Jesse James (Brad Pitt) et sa bande braquent banques et trains, avec une réussite telle que le nom de James résonne vite comme celui d'une légende vivante. La récompense promise à quiconque saura l'arrêter, mort ou vif, fait tourner les têtes, y compris celles de ses camarades de casse. Parmi eux, le jeune Robert Ford (Casey Affleck), un arrogant timide, un ambitieux chétif, qui porte à James une admiration excessive et envieuse. James, de son côté, n'accorde guère d'intérêt à cette recrue qui tient plus du gamin capricieux que du valeureux bandit.
Tout le film repose donc sur l'évolution de la relation entre les deux hommes. De la fascination à la terreur, il n'y a souvent que quelques coups de pistolet. Brad Pitt incarne ce héros flamboyant et tourmenté sans faillir, mais sans réussir à lui donner une réelle envergure. Il assure le service minimal et sa prestation est de loin éclipsée par celle de Casey Affleck, la grande révélation du film de Andrew Dominik. Grâce à son regard à la fois vif et fuyant, à son élocution tranchante et tremblotante, il donne à son personnage une inquiétante complexité. Son teint pâle, voire verdâtre, s'accorde parfaitement avec la palette de couleurs très ternes de la photographie. On guette désespérement l'arrivée du printemps sur les grands terres du Missouri... tout en redoutant le jour ou le jeune Robert sortira enfin de l'ombre de son idole.
Malheureusement, la prestation de Casey Affleck ne suffit pas à faire oublier les répétitions d'un scénario qui traîne en longueur. On finit presque par se lasser de voir Jesse James, à califourchon sur son cheval noir, traquer sans relâche ses anciens compagnons infidèles. Tout comme on se lasse de l'entendre leur proposer invariablement "d'aller faire un tour", tour qui finit évidemment très mal, à l'instar de cette histoire avare en survivants.
Note finale de La Vipère : 6,5/10

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09 octobre 2007

Film : Joyeuses Funérailles, de Frank Oz

funeraillesDans le magazine ELLE de la semaine dernière, la comédienne Sylvie Testud déclare qu'elle a très envie d'aller voir le film "Joyeuses Funérailles" au cinéma, car tous ses amis lui ont dit que c'était trop tordant.
Chère Sylvie : ou bien tes amis ont très mauvais goût, ou bien ils ont voulu te faire une bonne blagounette et je crains que tu ne sois tombée dans le panneau.
Parce que l'on ne peut pas dire que l'on se soit fendu la poire pendant le film de Frank Oz. Pourtant les comédies british on adore ça, et l'on est plutôt sensible à l'humour trash de nos camarades anglais. Mais là, non seulement ils ne font pas dans la dentelle, mais en plus ils se  torchent le cul avec ! (Désolé d'être un peu cru, voyez le film et vous comprendrez...) Tous les gags sont lourds, très lourds. Vous n'en êtes pas persuadé? Voici le pitch du film.
À l'occasion de la mort de Mister X, sa famille et ses proches se réunissent pour célébrer ses funérailles. Mais voilà, Mister X, chef de famille à première vue exemplaire, menait en réalité une double vie : son grand amour n'était pas sa fidèle épouse mais un nain brun poilu qui, pendant la cérémonie, se transforme en maître chanteur... Comme les enterrements c'est stressant, on gobe des tranquilisants pour calmer ses nerfs. Sauf que là, manque de bol, le Valium a été remplacé par des pilules hallucinogènes. Le gentil gendre timide et coincé se retrouve donc rapidement hurlant et bavant sur le toit, à poil bien sûr. Ajoutez à ces ingrédients déjà peu digestes un vieil oncle impotent bloqué sur la cuvette des WC, et vous aurez une idée très précise du degré de finesse et de drôlerie du film.
Quiproquos téléphonés, scènes scatologiques douteuses, mort pas tout à fait mort... Rien ne nous ait épargné. Reconnaissons toutefois que les acteurs sauvent les meubles.
Alors Sylvie, toujours envie?
Note finale de La Vipère : 4/10

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01 octobre 2007

Film : "7h58 ce samedi-là", de Sidney Lumet

7h58jpgSi je devais noter ce film en fonction du nombre de fois où j'ai bondi de mon siège, j'accorderais les félicitations du jury sans la moindre hésitation! En quittant la salle, ma voisine de ciné m'a surnommé "la puce", c'est vous dire... Une  Vipère qui devient puce, ça pourrait être une belle fable de La Fontaine, non?
Mais revenons à nos moutons: il règne dans ce film une tension terrible qui ne vous laisse pas un instant de répit. Le bruit d'un sachet de cocaïne tombant sur un tapis suffit à vous faire sursauter...
Deux frères mal assortis organisent le braquage de la banque... de leurs parents ! Énoncé ainsi, ça prête à sourire, mais traité par Sidney Lumet, ce scénario improbable se transforme en un récit d'une noirceur étouffante. C'est aussi pour cela qu'il est utile de sauter sur son fauteuil de temps en temps : pour gober quelques bulles d'oxygène. Car rien ne se passe comme prévu, aucun des personnages n'est là où on l'attend, mais tous mettent le doigt dans un engrenage qui les broiera jusqu'à la moelle. On pense alors aux premiers romans de Douglas Kennedy et à tous ses héros qui, en tentant coûte que coûte de sauver leurs meubles, mettent finalement le feu à leur propre maison. Soyez prévenus : cela finira aussi mal que ça a commencé !
La complicité criminelle entre les deux frères vire progressivement au règlement de comptes. Philip Hoffman Seymour est parfait (comme d'habitude) dans le rôle de l'aîné qui, miné par mille névroses, réussit néanmoins à donner le change et à incarner la voix de la raison auprès de son cadet, un looser en bonne et due forme. Ce personnage est incarné par un Ethan Hawke qui a perdu la beauté de ses 20 ans mais gagné une réelle force dramatique.
Pour faire la fine bouche, on dira qu'il y a sans doute 15 minutes de trop et que l'enchaînement des meurtres finit par installer une légère lassitude. Mais cela ne gâche en rien le plaisir d'avoir été plongé au cœur d'une histoire poignante parfaitement mise en images, aussi sombres soit-elles.
Note finale de La Vipère : 7,5/10.

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18 septembre 2007

Two days in Paris, de et avec Julie Delpy

2_daysOn peut aller voir ce film pour une seule et bonne raison : son héros, à savoir l'irrésistible Adam Goldberg. Mais gardons le meilleur pour la fin...
Julie Delpy a réalisé un film sans prétention, si ce n'est divertir 1h40 et faire rire de temps à autre. Il faut reconnaître que l'exercice est plutôt réussi. L'actrice se glisse dans la peau de Marion, une pétillante trentenaire myope vivant à NY avec son compagnon, Jack. Elle est photographe, lui architecte d'intérieur. Après un séjour en amoureux à Venise – gâché pour de sordides raisons gastriques –, tous deux passent 48 h à Paris avant de repartir aux États-Unis.
À Paris, Marion retrouve ses parents, terriblement curieux et envahissants. Chacun dans son genre mériterait haut la main une chambre en hôpital psychiatrique. Mais manque de bol, non seulement ils ne sont pas enfermés entre quatre murs capitonnés, mais en plus ils habitent juste en-dessous du pied-à-terre de leur fille ! Ajoutez à ces 2 énergumènes une sœur pénible, un gros matou et toute une ribambelle d'ex-amants artistiquement dérangés... vous comprenez alors pourquoi cette parenthèse parisienne dégénère rapidement...
Entre mauvaises surprises et contariétés, le pauvre Jack tente de garder son calme et sa lucidité pour ne pas sombrer à son tour dans la folie ! Adam Goldeberg excelle dans ce rôle d'étranger en terrain hostile. Goldeberg, vous vous souvenez sûrement de lui : il jouait le rôle du coloctaire schizo de Chandler dans l'une des toutes premières saisons de Friends... Oui, le fou furieux hilarant à la barbichette, c'était lui !
Two days in Paris lui doit une fière chandelle car grâce à son charisme et son impayable bobine, on oublie presque le manque de rythme, les blagues grossières, les clichés sur Paris... et Julie Delpy !
Note finale de la Vipère : 5,5/10

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