28 février 2008
Films Français : Cortex VS Notre Univers impitoyable
A ma gauche Cortex, un film de Nicolas Boukhrief qui envoie André Dussolier, ancien inspecteur de police rongé par la maladie d'alzheimer, dans une maison médicalisée où la Grande Faucheuse passe chaque nuit de façon trop appliquée pour être honnête. A ma droite Notre Univers impitoyable, un film de Léa Fazer qui plonge à Alice Taglioni et Jocelyn Quivrin dans un cabinet d'avocats où une place très convoitée d'associé se libère.
Le casting féminin. Il n' y a pas à tergiverser: Alice Taglioni est très, très jolie. On assiste pendant tout le film a un véritable défilé de mode (robes de soirée, tailleurs, pantalon sur escarpins: tout y passe... curieusement, seule la robe d'avocat nous est épargnée!). Ce catalogue animé Max Mara se double d'un défilé de coiffures: cheveux longs, volumineux, courts, ondulés... On s'attend à tout moment à une réplique "parce que je le vaux bien". Face à la grande blonde, Marthe Keller et Claire Nebout, les infirmières s'occupant du héros de Cortex, peinent à rivaliser. Rien que leurs noms et prénoms sonnent de façon beaucoup moins sexy... On imagine difficilement Jocelyn Quivrin sussurant des mots doux sur l'oreiller à une dénommée Marthe... Et on le regrette!
Le casting masculin. Avantage net à André Dussolier! Dans la peau de cet homme âgé d'à peine 60 ans et déjà gravement malade, il est tout simplement épatant. Le regard qui se trouble puis se perd, les gestes qui hésitent et la voix qui s'énerve : tout y est. La Vipère met sa queue à couper qu'une sélection pour le César du meilleur acteur se profile... De l'autre côté, Jocelyn Quivrin campe sans grand entrain un personnage caricatural, prisonnier d'un scénario truffé de répétitions et de clichés sur les rapports homme/femme. Sans compter que le beau Jocelyn des années 1990 semble ne pas avoir bien vécu le passage à l'an 2000: c'est quoi ce double menton naissant à moins de 30 ans?
Bilan. Cortex vous immerge dans une ambiance pesante. Un thriller singulier au rythme lent mais néanmoins prenant, porté par d'excellents comédiens. Ne pas non plus s'enthousiasmer : une séance en dvd fera l'affaire. Pour Notre Univers impitoyable, une simple session un dimanche soir sur TF1 suffit. Ne pas rater pour autant le second rôle irrésistible de Julie Ferrier.
27 février 2008
Une Souris verte, au théâtre Tristan Bernard
Depuis L'Amour est enfant de salaud, cette génialissime pièce avec la pétillante Isabelle Gélinas, récompensée par 2 Molière en 2004, le théâtre Tristan Bernard est dans nos petits papiers. C'est donc confiants et remplis d'espoir que nous sommes retournés au 68 rue du Rocher pour découvrir Une Souris verte, l'adaptation d'une comédie américaine présentée comme mordante et poivrée. La Vipère n'a pourtant guère éternué sur son fauteuil... elle s'est contentée de bailler!
Mitchell est un jeune acteur prometteur de passage à New York. Sa carrière est sur le point de prendre un tournant décisif grâce notamment à Diane, son impitoyable agent, diablement cynique mais terriblement efficace. Sauf que cette mécanique du succès et de la gloire pourrait dérailler à cause d'Alex, un beau gosse brun paumé, gigolo à ses heures perdues, dont Mitchell tombe amoureux. Tel Cinna ou Rodrigue, Mitchell doit alors faire face à un terrible dilemme: cacher son homosexualité et devenir le nouvel acteur hollywoodien que le monde entier s'arrache, ou vivre au grand jour son histoire d'amour et faire une croix sur ses rêves de smoking, de tapis rouge et d'Oscar. Evidemment, son agent a sa petite idée sur la question...
Même si le texte de la pièce réserve quelques bons mots et autres formules percutantes, il est difficile d'être séduit par l'interprétation proposée. Edouard Collin (Alex) mise tout sur l'hystérie. Son jeu est aussi varié et nuancé qu'un cable éléctrique sous haute tension. On est très vite fatigué par ses gestes saccadés et ses éclats de voix à répétition. Julie Debazac (l'amie d'Alex), a beau crier et porter des vêtements flashy, on ne la voit pas. La malheureuse a dû rater le cours de "charisme" lors de ses études.
Face à ses 2 piètres partenaires, Arnaud Binard (Mitchell) fait ce qu'il peut et c'est déjà pas si mal. Seule Raphaëline Goupilleau, avec sa voix singulière et ses tirades choc, tire son épingle du jeu en campant le personnage décapant de l'agent. Chacune de ses apparitions apporte une bouffée d'oxygène à ce spectacle qui en manque cruellement. La faute notamment à une mise en scène paresseuse qui vous rend presque claustrophobe tant elle cloisonne les espaces de jeu.
Assis juste derrière La Vipère, Jean-Luc Reichman avait l'air de prendre son mal en patience. Assis juste devant La Vipère, la très belle Bénédicte Delmas (Laure dans Sous le soleil) remuait sans cesse sur son fauteuil en souriant poliment.
Une Souris verte, au théâtre Tristan Bernard, jusqu'au 30 mars.
26 février 2008
Héléna Marienské : Le Degré suprême de la tendresse (éditions Héloïse d'ormesson)
Déjà le titre, emprunté à Dali qui définissait par ces 6 mots le cannibalisme, est savoureux. En couverture, la bouche carmin croquant goulument une cerise écarlate nous ouvre l'appétit. Et que dire de de l'accroche au dos du roman "Des mises en bouche à la chute mordante", exquisément truculente! L'emballage de ce roman est aussi réussi que son contenu.
Héléna Marienské livre 8 pastiches en 200 pages, un exercice de style difficile exécuté avec brio et malice. Le point de départ de ce livre inclassable: l'histoire entendue un jour par l'auteur au comptoir d'un bistrot, d'un homme ayant un peu trop vite baisser son boxer Dim ou Calvin Klein devant le doux visage d'une jeune femme qui ne comptait guère se faire gaver comme une oie docile... et qui mordit à pleines dents dans l'appendice encombrant!
A partir de cette anecdote singulière, de cette fellation tournant, en quelque sorte, à la décapitation, Héléna Marienské trempe sa plume dans les encriers de Houellebecq, Céline, La Fontaine ou encore Ravalec. Et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'elle parvient à restituer les univers et les styles de ces différents auteurs avec une justesse déconcertante. Le texte à la manière d'Angot, par exemple, agace autant que les romans nombrilistes cette chère Christine, mais avec une touche d'humour en plus, évidemment! Et la prose en vieux françois à la façon de Gédéon Tallemant des Réaux se lit avec une infinie admiration.
Le lecteur reste bouche bée (sans mauvais jeu de mots) devant une telle connaissance de la littérature française (Héléna est agrégée de lettres) mise astucieusement au service d'un sujet grivois et léger. Des pastiches aussi variés que divertissants, à consommer sans modération.
25 février 2008
La cérémonie des Césars 2008 : un calvaire !
C'était vendredi dernier, en direct du théâtre du Châtelet... Même si on regrettait le souhait de Valérie Lemercier de ne plus présenter cette grande messe du septième art, on faisait confiance à Antoine de Caunes pour animer avec humour et légèreté la remise des petites compressions dorées. Au final, on s'est ennuyé plus que de raison et on s'est même surpris à zapper ! Retour sur cette soirée ratée.
21h00. Jean Rochefort, le président de cette édition 2008, déboule sur scène pour se lancer dans un discours plat sans grand intérêt. Une petite référence à Ingrid Bétancourt entre deux remarques insipides... ça commence mal! Même les belles moustaches grises de Jean ont l'air de tomber d'ennui sur son sourire malicieux.
21h05. Sketch filmé de Valérie Lemercier passant le relais à Antoine de Caunes. On ne sait pas encore que l'on rit pour la première et dernière fois de la soirée.
21h30. Les remises de César se suivent et se ressemblent.Tout s'enchaîne mollement. On se dit juste que le jour où une comédienne est contactée pour annoncer les nommés et déchirer une enveloppe cachetée, c'est que sa carrière cinématographique doit battre dangereusement de l'aile. Emma de Caunes, Virginie Ledoyen... Le casting est faiblard. Qui peut me citer un film récent et, accessoirement bon, avec Marie Gillain? Les personnes travaillant dans les videos clubs n'ont pas le droit de jouer!
21h45. Gros plan sur Nathalie Reims, la compagne de Claude Berry. Je plains de tout coeur le spectateur assis derrière sa grosse choucroute blonde crêpée : il ne doit pas apercevoir grand chose de la scène! S'il savait qu'il est en train de rater Jean-Claude Van Damme balbutiant péniblement 3 mots...
22h00. Julie Depardieu monte sur scène récupérer son César du second rôle et nous gratifie de regards bovins appuyés de sourires batraciens. A ses côtés, la si distinguée Ludivine Sagnier a presque l'air vive et intelligente. C'est dire...
22h15. Alain Delon rend un hommage émouvant à Romy Schneider. Dommage qu'il porte un costume croisé plus ringard encore que celui choisi par mon arrière-arrière-grand-tante comme tenue de cercueil de mon arrière-arrière-grand-oncle. Dommage surtout que cette séquence ne dure que 6 secondes et demi et ne s'accompagne pas d'une projection d'extraits de films de Romy.
22h30. C'est fou comme Clotilde Coureau ressemble à un moineau. Ce petit visage étroit avec un minuscule nez, délicatement pointu comme un bec. Son cerveau aussi semble compter autant de neurones que la charmante mésange de nos campagnes. On est mal pour elle...
22h45. Le réalisateur de La Graine et le mulet vient chercher son énième prix. Je zappe sur W9 regarder la rediffusion de la Nouvelle Star espérant ainsi échapper aux incessants remerciements à mes parents, mon producteur, ma femme, mes amis, et surtout pas aux méchants Multiplex et au gouvernement!
23h. Antoine de Caunes n'est définitivement pas en forme ce soir. J'en viens presque à regretter qu'aucune intervention des intermittents du spectacle ne vienne pimenter cette soirée triste comme la pluie.
23h15. Claude Berry manque de chuter en montant sur scène. J'ai l'impression qu'il a du mal à plier le genou gauche. En revanche, en écoutant son flot de paroles saccadées et incohérentes, je me dis que le lever du coude droit doit toujours très bien fonctionner.
23h30. Jeanne Moreau a l'air de ne pas s'être endormie la bouche ouverte dans son fauteuil. La présence à ses côtés de l'infatigable mais tellement fatigant Roberto Begnigni a sans doute contribué à la maintenir éveillée malgré l'heure tardive. Elle porte joliment ses 80 printemps et sa grande robe noire. De l'autre côté de mon écran plat, je baye aux corneilles. Rideau.
24 février 2008
post numéro 100 !
Après 2 semaines de flottement dû à une logistique défaillante, La Vipère est de retour pour de nouveaux messages réguliers. Et comme un bonheur n'arrive jamais seul, le blog fête aujourd'hui son centième post! Cela fait beaucoup de bougies à souffler... Mais ayant suffisamment de venin en réserve pour éteindre des régimes entiers de bananes flambées, je ne suis guère effrayé par quelques tiges torsadées de cire bleue, même magiques !
Avant de postilloner sur mon gros gâteau, il serait de bon ton que je me lance dans un long discours retraçant l'aventure incroyable du blog, son succès interplanétaire. Il faudrait aussi que je remercie les Vipernautes de leur assiduité, les fans de Julien Doré et de Carla en cuissardes, sans oublier évidemment mes parents sans qui je ne serais pas là aujourd'hui. Seulement en cette période faste en cérémonies télévisuelles diverses et variées (Césars, Oscars, Victoires...), je préfère vous épargner ce genre de speech un brin consensuel et soporifique... Et puis, de toute façon, mon smoking est au pressing. Je vais donc juste me contenter de boire une coupe de jus d'ananas et picorer quelques pépitos de Belin pour célébrer dignement ce jour particulier, en espérant que ce premier anniversaire sera suivi par beaucoup d'autres.
18 février 2008
Bale de Rua, au Trianon
Ciel bleu clair à Paris ces derniers jours, mais températures un brin glaciales... Et si vous alliez chercher douceur et chaleur au Trianon? Une petite troupe de danseurs brésiliens s'y produit: muy caliente !
La Vipère l'avoue sans détour: elle s'amuse généralement autant à un spectacle de danse que plongée dans un flacon de formol... Seulement voilà, Bale de Rua emporte tout sur son passage grâce à son énergie et ses chorégraphies bondissantes. En deux mots: ça déménage!
Les danseurs ne s'économisent pas pour parvenir à un résultat si réjouissant. Les différents tableaux se succèdent à un rythme effréné, sans le moindre temps mort. Cette dynamique qui met les corps à rude épreuve n'est pas dénuée de grâce. Quelques accessoires bien choisis (de larges plateaux métalliques, des fleurs, des pots de peinture) apportent une touche de poésie originale.
On ne cesse donc de s'émerveiller devant les chorégraphies endiablées ponctuées de sauts acrobatiques, sur un air de samba ou au son d'une musique électro. La cerise sur le gâteau: les sourires radieux des danseurs qui semblent prendre sur scène un plaisir quasi orgasmique!
Et ce bonheur non feint est infiniment communicatif. Lorsque le rideau tombe, les spectateurs se lèvent comme un seul homme pour saluer la performance des artistes avant de se mettre à onduler du bassin et à rouler des épaules dans l'espoir de prolonger quelques instants le show...
Au Trianon, métro Anvers, prolongations du 7 au 23 mars.
06 février 2008
Jouez avec Amanda Lear et Patrick Juvet !
Beaucoup de gens me recommandent d'introduire plus d'interactivité sur le blog et de faire des textes plus courts pour gagner des lecteurs. Je me plie à ces conseils le temps d'un post, histoire de voir si l'audience explose...
Vous connaissez le jeu des 7 différences?! Et bien je vous propose d'y jouer tout-de-suite-maintenant grâce à deux artistes majeurs de la variété française, j'ai nommé Amanda Lear et Patrick Juvet. Après avoir partagé, il y a quelques décennies, les mêmes pantalons pattes d'eph paillettés, ils partagent aujourd'hui le même chirurgien plastique!
Mêmes lèvres gonflées, mêmes yeux tirés, même peau du cou fripée... difficile de distinguer l'un de l'autre!
Le Vipernaute qui y parviendra et notera les 7 détails différenciant nos deux compères (dont la blondeur éclatante doit coûter un max en eau oxygénée), gagnera toute mon estime voire plus si affinités.
Je vous annonce d'ores et déjà le défi dégoulinant de Botox et d'autobronzant de la semaine prochaine, défi encore plus balèze: le jeu des 7 différences entre Bernard Lavilliers et Jean-Claude Jitrois!
01 février 2008
Les mots clés du blog !
Avant de vous souhaiter un bon week-end, La Vipère vous dévoile la liste des mots clés le plus souvent utilisés pour atterrir sur le blog cette semaine. Instructif et surprenant!
1/ "Grenelle au Moyen Age"
Rien que de penser à cette expression, mon cerveau est en surchauffe. Je ne comprends rien. Si quelqu'un peut m'expliquer...
2/ "Jean Sarkozy pantalon"
Il porte des jeans particuliers, le fils de Sarko? Son côté icone de mode m'a échappé. Sans doute parce que les cheveux blonds longs à la Jean-Pierre François ("je te survivraiii") ne représentent pas un signe évident de fashion attitude... "Jean Sarkozy en robe à pois" aurait été nettement plus drôle!
3/ "Sandrine Bonnaire scientologie"
C'est le scoop du jour?! Pourquoi ne m'a-t-on rien dit? Katy Holmes a du souci à se faire... À moins que Sandrine ne vienne à la rescousse de John Travolta...
4/ "épilation intégrale"
Incontournable, La Vipère y a le droit chaque semaine. Desesperate Psy
en a parlé une fois pour le cas Britney, mais il serait de bon ton de
recourir plus souvent à ces 2 mots très demandés – mais difficile à
caser–, histoire de grapiller des parts de marché! D'ailleurs je me
demande si dans le dernier film de Sean Penn il n'est pas question à un
moment d'ÉPILATION INTÉGRALE? Après réflexion, je crois que non..
5/ "Carla Bruni en cuissarde"
Avec ou sans épilation intégrale?
Bon week-end !
