27 février 2008
Une Souris verte, au théâtre Tristan Bernard
Depuis L'Amour est enfant de salaud, cette génialissime pièce avec la pétillante Isabelle Gélinas, récompensée par 2 Molière en 2004, le théâtre Tristan Bernard est dans nos petits papiers. C'est donc confiants et remplis d'espoir que nous sommes retournés au 68 rue du Rocher pour découvrir Une Souris verte, l'adaptation d'une comédie américaine présentée comme mordante et poivrée. La Vipère n'a pourtant guère éternué sur son fauteuil... elle s'est contentée de bailler!
Mitchell est un jeune acteur prometteur de passage à New York. Sa carrière est sur le point de prendre un tournant décisif grâce notamment à Diane, son impitoyable agent, diablement cynique mais terriblement efficace. Sauf que cette mécanique du succès et de la gloire pourrait dérailler à cause d'Alex, un beau gosse brun paumé, gigolo à ses heures perdues, dont Mitchell tombe amoureux. Tel Cinna ou Rodrigue, Mitchell doit alors faire face à un terrible dilemme: cacher son homosexualité et devenir le nouvel acteur hollywoodien que le monde entier s'arrache, ou vivre au grand jour son histoire d'amour et faire une croix sur ses rêves de smoking, de tapis rouge et d'Oscar. Evidemment, son agent a sa petite idée sur la question...
Même si le texte de la pièce réserve quelques bons mots et autres formules percutantes, il est difficile d'être séduit par l'interprétation proposée. Edouard Collin (Alex) mise tout sur l'hystérie. Son jeu est aussi varié et nuancé qu'un cable éléctrique sous haute tension. On est très vite fatigué par ses gestes saccadés et ses éclats de voix à répétition. Julie Debazac (l'amie d'Alex), a beau crier et porter des vêtements flashy, on ne la voit pas. La malheureuse a dû rater le cours de "charisme" lors de ses études.
Face à ses 2 piètres partenaires, Arnaud Binard (Mitchell) fait ce qu'il peut et c'est déjà pas si mal. Seule Raphaëline Goupilleau, avec sa voix singulière et ses tirades choc, tire son épingle du jeu en campant le personnage décapant de l'agent. Chacune de ses apparitions apporte une bouffée d'oxygène à ce spectacle qui en manque cruellement. La faute notamment à une mise en scène paresseuse qui vous rend presque claustrophobe tant elle cloisonne les espaces de jeu.
Assis juste derrière La Vipère, Jean-Luc Reichman avait l'air de prendre son mal en patience. Assis juste devant La Vipère, la très belle Bénédicte Delmas (Laure dans Sous le soleil) remuait sans cesse sur son fauteuil en souriant poliment.
Une Souris verte, au théâtre Tristan Bernard, jusqu'au 30 mars.
Commentaires
aie
et t'a payé pour voir ça ?
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